
L’article «Géothermie: le risque serait moins élevé que prévu» paru dans le QJ du 4 octobre prouve que nous faisons face à des personnes pour qui il est complètement égal si l’épicentre d’un tremblement de terre se produit à Glovelier. Ils se gargarisent désormais du peu de risques de leur projet, et d’une sismicité moindre que prévu, c’est déjà avouer à moitié qu’ils jouaient avec notre sécurité dès le départ. Faut-il en être fier?
À les entendre, il semble que leurs experts n’ont pas connaissance des différentes publications scientifiques publiées depuis 2020 sur différents forages (environ 35% ont provoqué des catastrophes). Pourtant, dans la communauté scientifique, nombreux sont ceux qui considèrent le fracking comme une bombe à retardement. À ce sujet, il n’y a pas besoin de chercher très loin, un simple magazine de vulgarisation scientifique fait l’affaire (Science et Vie, Hors-série numéro 321, septembre 2025, notamment p. 62 «Géothermie, la confiance se fissure» et p. 66 «Fracturation hydraulique, la pompe à séismes»). Alors qui sont ces experts «indépendants» mandatés par les autorités? Tirent-ils un quelconque bénéfice de la poursuite des investigations?
Et les quelques camions à vibrations qui sont passés dans la région ne pourront jamais simuler les effets des milliers de mètres cubes d’eau fractionnant la roche, sans parler d’une infiltration d’eau dans la nappe de sel qui provoquerait cavités et donc affaissements de terrain, et sans aborder non plus en détail le gaspillage insensé d’eau potable, car enfin le Tabeillon n’a rien d’une source intarissable.
Je termine en posant ces questions: quel type d’entreprise se permet de considérer notre vallée comme une région quasi inhabitée? Est-ce que les personnes qui ont participé à ce projet et les politiciens qui l’ont soutenu pourraient être poursuivis pénalement?
Alberto Luisoni, Bassecourt
© Cet article est reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.
