
La vallée de Delémont s’apprête à tenter une expérience risquée. La géothermie paraît propre, mais cette technique comporte des dangers imprévisibles. Même de simples forages peuvent provoquer des tensions dans la roche, aux conséquences incertaines.
Les faits sont clairs: les projets géothermiques profonds (EGS) peuvent provoquer des activités sismiques ou des mouvements du sol (ces risques résultent de la stimulation hydraulique ou de fissures dans les couches calcaires, susceptibles d’induire des séismes); une analyse de 35 événements documentés dans le monde montre que plus d’un tiers ont entraîné des secousses ressenties (INERIS, DRS-16-157477-00515A, 2016); les exemples historiques le confirment: à Bâle, en 2006, un forage géothermique a déclenché un séisme induit de magnitude 3.4 et plus de 100 secousses mineures, ce qui a conduit à l’arrêt du projet (swissinfo.ch).
Face à ces constats, prétendre que tout est sous contrôle relève de l’aveuglement ou de l’irresponsabilité. Les autorités doivent exiger des preuves solides, transparentes et vérifiables de l’absence de danger. Faute de garanties, aucun projet ne devrait être autorisé.
La confiance des habitants est déjà fragile. Forer malgré tout, c’est risquer non seulement des séismes géologiques, mais aussi des secousses politiques. L’avenir du Jura ne doit pas être sacrifié pour des expériences hasardeuses au nom de la géothermie à tout prix.
Alberto Luisoni, Bassecourt
© Cet article est reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.
