
Les questions orales de la dernière session du Parlement demandent une mise au point suite à la réponse ministérielle relative à la géothermie. Une première convention de collaboration portant sur la planification d’une installation pilote de géothermie profonde à Glovelier fut signée le 15 juin 2015. Elle avait pour parties la RCJU, la commune de Haute-Sorne et le promoteur Geo-Energie AG.
Dès la publication du Plan spécial cantonal et sa mise en consultation en 2014, il y a eu des oppositions par pétition et initiative populaire. Le Gouvernement a décrété la suspension du projet suite à la catastrophe de Pohang en 2017, puis le Parlement a adopté une motion demandant l’arrêt immédiat et définitif du projet en 2018.
Avec l’appui du Tribunal fédéral et la contribution financière de 90 millions de la Confédération, début 2022, le Gouvernement décrète la reprise du projet. Il s’agissait de classer la procédure de révocation du projet ouverte en 2020. En 2022, le Gouvernement promulgue une nouvelle convention portant le même titre que la première de 2015. Plus étoffée, elle comporte de multiples détails d’organisation et comporte 33 pages.
Elle renforce le cadre sécuritaire et relance la commission de suivi et d’information CSI. Mais elle ne comporte plus que deux signataires: le canton et le promoteur. La commune pourtant citée dans le texte et partie prenante n’est plus considérée comme ayant droit au chapitre! Ce diktat unilatéral démontre le peu d’ouverture des autorités, leur manque de respect envers une partie des citoyens directement concernés par les risques liés à ce projet. Rappelons que 3/4 de ces derniers ont exprimé leur opposition à travers un sondage organisé par la commune. La commune est souveraine concernant les conditions de distribution de son eau potable. J’ose espérer qu’elle en fera bon usage.
Alain Jeangros, Boécourt
© Cet article est reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.
