
PHOTO STÉPHANE GERBER
Les députés ont décidé qu’un représentant du Parlement siégera au sein du comité de patronage de la Confédération pour le projet de géothermie profonde en Haute-Sorne. Ce sera le ou la président(e) du législatif.
Est-ce parce que ce point figurait au début de l’ordre du jour de la séance du Parlement d’hier que le dispositif policier a été augmenté, passant des deux membres habituels à cinq? Pour rien…
«Vous m’apprenez cette nouvelle. Ce n’est en tout cas pas le Gouvernement qui a demandé de renforcer la présence policière. Je pense que la police a estimé, au vu du climat de ces derniers jours, qu’il fallait plutôt être prévoyant», a confié le président de l’exécutif cantonal Jacques Gerber.
Sans en référer au Bureau du Parlement, le Gouvernement a décidé que le canton du Jura devait être représenté au sein de ce fameux comité de patronage de la Confédération pour le projet de géothermie profonde en Haute-Sorne.
Séparation des pouvoirs
«Fameux» comité? Un peu tout de même, au sujet d’un organe créé fin mai de cette année. Placé sous l’égide de la Confédération, le rôle dudit comité est d’assurer un regard indépendant sur la gouvernance, les processus participatifs et le respect des procédures. Le comité est présidé par le futur retraité du Conseil des États, le Vaudois Olivier Français, qui coiffera pour sa mission la casquette de représentant de l’administration fédérale.
«Et la séparation des pouvoirs?» Plusieurs députés se sont offusqués que le Gouvernement a dicté son choix au Bureau du Parlement, en répondant à la Berne fédérale qu’il sera représenté au sein du comité. Au Bureau du Parlement, il a affiché sa préférence en la personne qui préside le législatif.
Plutôt la fonction
À l’exception de l’ensemble de l’UDC et d’une partie des centristes et des CS-POP-Verts dénonçant une «commission alibi», les autres formations ont accepté de rejoindre cet organe. Selon eux, il est impensable que l’État jurassien ne soit pas représenté au sein d’un comité traitant du délicat dossier de la géothermie profonde en Haute-Sorne.
«Quelle image on donnerait en refusant? On nous promet en plus la vice-présidence. Mais pas question d’y aller pour faire de la figuration», a claqué la Verte lib’ Emilie Moreau. «Le Jura a besoin de cet ancrage local. On ne peut pas se priver d’avoir une influence dans ce comité», aux yeux du ministre David Eray. Au vote, le oui l’a facilement emporté (40 contre 18).
Candidature balayée
Les parlementaires se sont ensuite prononcés sur qui allait représenter l’État dans cet organe. La personne occupant le perchoir du Parlement, comme le préconisait le Bureau? «On ne nomme pas une personne, mais une fonction», a précisé l’écologiste Baptiste Laville.
Changer tous les ans de représentant n’est pas la bonne formule pour statuer sur un dossier sensible, selon le groupe PCSI-Vert- lib’. D’où la candidature d’Alain Beuret. Qui a été poliment refoulée par 46 voix contre 10.
Cette année, c’est donc la centriste Amélie Brahier qui s’y collera.
Le Quotidien Jurassien – Gérard Stegmüller
© Cet article est reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.
