Grâce aux camions vibreurs, une large partie de la population jurassienne aura l’opportunité, dans les semaines à venir, d’expérimenter concrètement le lancement du chantier de géothermie profonde de type fracking.
Ce projet, potentiellement dangereux, est le fruit d’un accord conclu entre les porteurs du projet qui ont probablement été habilement conseillés par les juristes de la Confédération et nos gouvernants de l’époque qui n’ont pas jugé utile de le soumettre à notre Parlement.
Malgré les risques encourus, ce contrat n’offre, a priori, aucune indemnité financière tangible à notre État qui peine pourtant à boucler ses fins de mois. Il n’apporte pas non plus de compensations aux propriétaires situés dans la zone à risque, qui seront transformés en cobayes, ceci en l’absence de toute consultation démocratique.
Pour les propriétaires concernés, on aurait pu envisager une réduction, voire une suppression de l’impôt sur la valeur locative pendant la durée de l’expérience, en transférant la perte fiscale au promoteur. D’un point de vue purement financier, il est évident que les immeubles impactés par d’éventuelles secousses sismiques ont déjà subi une dépréciation de fait de leur valeur marchande. Aujourd’hui, après moult rebondissements, notre Gouvernement, n’ayant pas trouvé une solution financièrement et politiquement acceptable pour rompre ce contrat malavisé, se voit contraint d’engager des spécialistes en communication (aux frais des initiateurs) pour tenter de rassurer la population. Espérons que tout se passera sans trop de dégâts, sinon le séisme ne sera pas uniquement géologique.
Francis Ryf, Courrendlin
© Cet article est reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.
