Depuis 2014, on nous a expliqué qu’après de nombreuses années de travaux préparatoires, le Rapport d’impact sur l’environnement (RIE) était la référence absolue du Plan spécial libérant le projet de géothermie profonde pétrothermale en Haute-Sorne. Ce RIE précise, entre autres, l’endroit ad hoc qui a été choisi, permettant des forages et des stimulations du sous-sol en comportant des «risques optimisés». Et c’est «seulement» dix ans plus tard que des camions vibreurs blancs sillonneront nos routes… de nuit, pour «limiter les inconvénients». Ajoutons que c’est pure coïncidence si la TSR a révélé dernièrement que les habitants de Genève avaient mal vécu une action similaire! Nous devrions à présent être rassurés et trouver normal que les promoteurs jugent pertinent «de connaître la nature du sous-sol jurassien en cartographiant précisément sa structure géologique, son potentiel géothermique et ses failles». Il en va de même pour de nombreux éléments décrits dans le RIE, notamment les «importants besoins en eau du projet», d’où la nécessité d’installer une station de mesure automatique du débit du Tabeillon. Nous l’attendons toujours avec impatience, sachant que le Tabeillon est la source principale d’approvisionnement en eau du projet. Peut-être pourra-t-on se rendre compte qu’il n’est pas, ou plus, apte à supporter une capture d’eau industrielle. Les promoteurs du projet de GPP à Haute-Sorne, la commission CSI, les autorités politiques, n’ont semble-t-il plus qu’une seule préoccupation: rassurer la population à propos de ce projet qui, dès sa genèse, n’est pas approuvé par une grande majorité du bon peuple jurassien. Ce faisant, tout contribue à renforcer nos doutes, nos craintes et nos arguments d’opposition.
Pierre-Alain Vuille, Bassecourt
© Cet article est reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.
