
Aucun séisme, nature de la roche et température au sous-sol comme prévu, atteinte de la profondeur visée de 4000 m: au terme du forage d’exploration, tous les voyants sont au vert pour la poursuite du projet de géothermie profonde à Glovelier.
Le forage d’exploration sur le site du projet de géothermie profonde à Glovelier s’est achevé samedi dernier. Un puits de 4000 m a été creusé avec succès après trois mois de travaux. Cette réussite a été célébrée par l’organisation d’une petite fête hier sur place, alors que les derniers éléments de la tour de forage étaient démontés.
Ce raout a été l’occasion de faire le point sur ce chantier, qui constitue un projet pilote, et d’évoquer la suite. Il s’agit du premier forage dans tout l’Arc jurassien à avoir traversé les couches sédimentaires pour atteindre le socle cristallin, formé de granite et de gneiss, relève Olivier Zingg, directeur de Geo-Energie Jura, société promotrice de la future centrale. «Ce sont les roches dont on a besoin pour continuer le projet avec la technique de la stimulation hydraulique», signale le géologue.
Le forage a confirmé les pronostics, même s’il y a eu quelques surprises: la découverte d’une couche de sel et de charbon. On ne peut pas encore dire quelle est la température au fond du trou. Des mesures complémentaires doivent encore la préciser. Néanmoins, selon Olivier Zingg, la chaleur qui y règne correspond aux projections, puisque la température grimpe de 30 degrés à chaque kilomètre. Donc, tout en bas, il doit faire 120 degrés, température requise pour chauffer l’eau injectée dans la roche et produire de l’électricité.
Nouvelle rassurante, aucune faille majeure pouvant présenter un risque de tremblement de terre n’a été détectée. Et surtout, il n’y a pas eu de séisme. Le chantier a été surveillé 24 h sur 24 par des senseurs et le sous-sol n’a frémi à aucun moment. «À ce stade, tous les feux sont au vert pour la poursuite du projet», se félicite le directeur de Geo-Energie Jura. Cependant, on ne passe pas encore à la deuxième étape, la phase d’exploration comportant quelques opérations complémentaires. À partir du premier trimestre de l’an prochain, des tests de stimulation hydraulique seront effectués dans le puits. Des mesures géophysiques analogues à ce qui avait été fait avec les camions vibreurs seront également menées.
La deuxième phase
Geo-Energie analysera ensuite toutes les données récoltées et rédigera des rapports qui seront examinés par le Gouvernement. L’exécutif se prononcera à fin 2025 sur le passage à la deuxième phase, celle de la réalisation d’un second forage et de la stimulation. La troisième et dernière sera la construction et l’exploitation de la centrale qui devrait entrer en activité en 2029. L’installation devrait alimenter en courant 6000 ménages. «En cas de succès, ce projet représentera une opportunité pour l’indépendance énergétique de notre pays, car ce qui est réalisé ici servira d’exemple pour de futures installations», souligne David Eray, ministre de l’Environnement.
Le Gouvernement a régulièrement été informé du déroulement du chantier, poursuit-il. «Une vingtaine de fois, on a fait des demandes de clarification à l’exploitant pour qu’il réponde à des exigences. Et il y a répondu avec succès», assure-t-il.Bien entendu, le tableau n’est pas tout rose, concède le ministre. S’il n’y a pas eu d’accroc au niveau du chantier, il y a eu des incidents autour. «Nous devons continuer le dialogue et rassurer ceux qui ont des craintes», indique David Eray.
Le Quotidien Jurassien – Huseyin Dincarslan
© Cet article est reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.
