
GLOVELIER Un deuxième cycle de tests de stimulation ne sera finalement pas nécessaire sur le chantier du projet de géothermie de Haute-Sorne. Le premier cycle d’injection d’eau dans les fissures de la roche, qui avait débuté mardi dernier et s’est terminé hier matin, a fourni une réponse sismique suffisante aux experts pour étoffer leurs données. «La sismicité a été telle qu’attendue, quoiqu’un peu plus faible, ce qui est globalement bon signe», résume le directeur de Geo Energie Jura Olivier Zingg.
Seuil atteint deux fois
Au total, 2632 événements microsismiques ont été détectés par les sismomètres, dont deux d’une magnitude de 0,3. Soit le seuil exact qui devait déclencher un arrêt temporaire de l’injection. Cela a été le cas lors du premier tremblement, relevé ce samedi à 10 h 14 par le Service sismologique suisse.
Le second, relevé à 4 h 13 hier matin, a lui signé l’arrêt définitif du test. «Nous avions collecté assez de données», explique Olivier Zingg. Quatre événements ont au total été répertoriés par les systèmes de surveillance de surface.
La quantité maximale d’eau qui avait été fixée n’aura pas été nécessaire: 430 m3 sur 500 ont été injectés à débit constant. Pareil pour la pression. Un maximum de 320 bars était prévu, il en a finalement fallu 270 pour infiltrer la roche.
Les experts seront encore occupés sur le site durant les semaines à venir. Les prochaines étapes consisteront à relâcher la pression dans le puits et à observer ce qui s’y passe durant deux semaines au plus. Puis on procédera à différentes mesures, dont celle qui consiste à déterminer la différence de perméabilité de la roche avant et après le test. Important, car le projet fonctionnerait en faisant passer l’eau d’un puits à un second à travers de petites fissures, la chaleur qui règne en profondeur chauffant l’eau.
«Tout s’est déroulé selon les plans. La phase cruciale est derrière nous», se félicite Olivier Zingg. Reste désormais, pour lui et son équipe, un important travail d’interprétation des données, qui permettront notamment de mettre à jour l’étude de risques. Sur la base de laquelle l’État devra se prononcer sur la poursuite du projet, soit le forage du second puits.
Le Quotidien Jurassien – AME
© Cet article est reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.
