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GPP Haute-Sorne

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Recueil d'articles, vidéos et liens sur le projet expérimental de Géothermie Profonde Pétrothermale en Haute-Sorne (CH)

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Géothermie: des cas de fissures aux bâtiments signalés

5 février 2025

HAUTE-SORNE

Deux semaines après le passage des camions vibreurs aux alentours du site de géothermie profonde de Glovelier, cinq propriétaires ont annoncé avoir remarqué l’apparition de fissures dans leur bâtiment. Sur le banc des accusés: Geo2X, l’entreprise mandatée pour travailler avec les camions et dont le siège à Yverdon a été vandalisé par des opposants le 21 janvier.

Les dégâts ont été constatés sur des habitations de Bassecourt et Glovelier, situées à une distance allant de 6 m du point de vibration le plus proche jusqu’à 40 m. «À cette dernière distance, l’amplitude de vibration est comparable à celle produite par un train qui passerait là», note Alexis Neven, le responsable de la campagne d’acquisition de données pour Geo2X. Une expertise sera effectuée pour chaque cas en vue d’un éventuel dédommagement par l’assurance du maître d’ouvrage, à savoir Geo Énergie suisse.

Deux autres cas avaient également été signalés à l’issue de la campagne d’avril dernier, mais aucun n’a abouti. «L’un des deux propriétaires n’a jamais donné de nouvelles lorsqu’on lui a demandé des informations complémentaires et l’autre n’a pas voulu donner suite lorsqu’on a voulu envoyer un expert», détaille Alexis Neven. Il relève le caractère commun de ce genre de plainte après le passage de ces camions. «Dans beaucoup de cas, les gens sont convaincus que les fissures sont apparues suite à notre passage. Mais c’est en réalité parce qu’ils prêtent une attention particulière à leur bâtiment à ce moment-là qu’ils remarquent des fissures qui existaient bien souvent déjà avant.»

Leur main au feu

Les prétendus lésés mettraient pourtant leur main au feu qu’il s’agit de conséquences des vibrations. Cette habitante de Bassecourt décrit par exemple une fissure dans le béton de son sous-sol. «Elle va presque de la fenêtre jusqu’au sol.» Sa maison se situe à quelques mètres de la route sur laquelle sont passés les camions. «Et comme par hasard, la fissure se trouve de ce côté-là.» Elle est formelle: la fissure n’était pas là avant le passage des camions. «Le mur se situe en face de l’entrée. Ce sont des choses qu’on remarque quand on franchit la porte.» Les camions sont passés et elle dit avoir constaté l’apparition du dommage le dimanche, dit-elle, sans se faire toutefois trop d’illusion sur l’issue de la démarche. «Mais au moins, s’il se passe autre chose, le dossier est ouvert.»

Un agent immobilier avait lui aussi signalé des dommages dans trois appartements du même bâtiment à Courfaivre. Les fissures vont de 50 cm à 1 m 30, dans les chambres, dans le couloir, et datent de la campagne du printemps dernier. Il avait mandaté un avocat avant d’abandonner sa course au dédommagement. Dans son cas, explique-t-il, le bâtiment était en dehors du périmètre à l’intérieur duquel il a été proposé aux propriétaires de faire relever les fissures préexistantes. «Et comme nous n’avions pas pris de photo… C’est triste, mais je laisse tomber. Les montants n’en valent pas la peine», peste-t-il.

Alexis Neven rappelle que des normes strictes sont appliquées et qu’au vu de la sensibilité du projet de Haute-Sorne, une marge supplémentaire avait été appliquée. Il cite à titre de comparaison l’exemple de travaux similaire réalisés avec des camions vibreurs du côté de Nyon et Vinzel récemment. «Nous y avons effectué 12 000 points de vibration, soit le double que pour Haute-Sorne, et nous n’avons enregistré qu’un seul cas de fissure.»

Il relève cela dit le succès de la dernière campagne d’acquisition de données, alors qu’il s’attendait à davantage de réticences de la part des habitants. «Nous devions installer des capteurs dans le jardin de 190 propriétaires. Seuls 29 ont refusé.»

Le Quotidien Jurassien – AME

© Cet article est reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.

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