
Le Ministère public du canton du Jura vient d’édicter un grand nombre d’ordonnances pénales à l’encontre de patriotes jurassiennes et jurassiens qui ont osé manifester leur révolte sur le site du chantier de géothermie pétrothermale profonde encore à l’état de prairie en y plantant un arbre le 15 juillet 2023! Le Ministère n’a pas voulu indiquer ni le nombre ni les montants des condamnations infligées à ces respectables mères et pères de famille travailleurs et établis depuis longtemps dans notre région. Les amendes oscillent semble-t-il entre 800 fr. et plus de 3000 fr. par cas. Des taux complètement incompréhensibles en regard des faits reprochés.
Dans le contexte particulier du chantier de la honte à Glovelier, il est utile de rappeler que c’est bien le canton du Jura qui a vendu préalablement, et sans obligation aucune de dépollution, 110 000 m2 de terrain pollué aux hydrocarbures (naphtalène et benzopyrène) aux promoteurs Geo Energie Suisse SA qui s’est empressée d’accepter pareille aubaine et de telles facilités qu’ils n’ont trouvées nulle part ailleurs en Suisse. Facilités renforcées encore ensuite par la Confédération avec une promesse de garantie de près de 90 millions de francs «seulement», suis-je tenté d’écrire. Il convient encore de rappeler que le Gouvernement jurassien a refusé de traiter la motion du député Christian Spring acceptée pourtant par le Parlement de notre canton en date du 19 décembre 2018 qui demandait l’arrêt immédiat et définitif du projet Haute-Sorne. Faisant toujours fi des règles démocratiques les plus élémentaires, ce même Gouvernement a ensuite refusé à la commune, bien complaisante au cas particulier il faut le dire, de mettre sur pied une consultation populaire visant à connaître l’avis de sa population.
Étonnez-vous donc, bonnes gens, que cette même population se révolte face à un projet expérimental que l’on veut lui imposer de force dans une zone habitée et à très forte activité industrielle; vraisemblablement en guise de cadeau pour marquer le cinquantième anniversaire du plébiscite jurassien.
Jacques Couche, membre CRJ, Bassecourt
© Cet article est reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.
