
À l’occasion du 50e anniversaire de la création du canton du Jura, notre ancien ministre Jean-François Roth a déclaré dans la presse que le Jura actuel a perdu la flamme et s’est passablement assagi.
Dans le dossier de la géothermie profonde, c’est même le sens de la démocratie qui paraît menacé, tant les moyens d’expression des citoyens de la Haute-Sorne semblent empêchés. Même la décision du Parlement jurassien de renoncer à ce projet à risques a été jetée aux orties!
Suite à la manifestation de contestation à la géothermie avec fracking, le 24 mai dernier, nos ministres ont jugé que certains comportements spontanés des opposants n’étaient pas dignes d’un État de droit.
La façon antidémocratique dont la géothermie avec fracking a été imposée aux citoyens de Haute-Sorne est-elle digne d’un État de droit? Y a-t-il deux poids et deux mesures?
Les militants qui se sont battus durant des décennies pour créer un canton exemplaire et à l’écoute de ses citoyens ont de quoi être déçus.
Lors de la manifestation du 24 mai, certains opposants, surpris par le camp retranché défendu par de la sécurité privée et des policiers leur rappelant les grenadiers bernois de l’époque, ont certes perdu de leur retenue. Aucun représentant de l’ordre n’a toutefois été agressé physiquement.
Doit-on alors accepter qu’un octogénaire, trempé jusqu’aux os, souhaitant regagner son domicile par le plus court chemin pour se mettre au sec, se voie refuser brutalement le passage par un policier qui, d’un geste brusque, le fait chuter sur la chaussée. Relevé par des personnes présentes, blessé à la tête, ce dernier a dû avoir recours à des soins médicaux.
Dans quel pays sommes-nous?
Roland Michel et Laurent Lachat, Glovelier
© Cet article est reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.
