
Active depuis un an, la CSI, Commission de suivi et d’information du projet de géothermie profonde, a tenu hier soir sa première réunion publique, au Centre culturel et sportif de Courfaivre. Près de 200 personnes y ont assisté, avec beaucoup de questions à poser.
Entrée en fonction le 15 novembre 2022, la CSI a déjà réuni à huit reprises ses 25 membres, un tiers venant des collectivités publiques, un tiers de la société civile (associations), et un tiers de citoyennes et citoyens. «Au sein même de la CSI, certains sont pour le projet, d’autres contre, et d’autres sans opinion bien définie, explique son président Pascal Mahon. Il n’y a pas de sujet tabou, on peut poser toutes les questions, même celles qui fâchent. La seule règle à suivre est de débattre de bonne foi et dans le respect mutuel.»
Débordés par l’affluence
Et effectivement, le respect est de mise durant la séance. Les quelque 200 citoyennes et citoyens présents – on a dû rajouter des chaises – écoutent attentivement les différentes thématiques exposées, notamment les besoins en eau du projet, le risque sismique, les nuisances quant au bruit ou au trafic des poids lourds.
L’information martelée plusieurs fois, c’est que le projet n’en est qu’à sa phase d’exploration. L’exploitation se fera – ou non – selon les résultats de cette première phase exploratoire. Et la CSI se veut rassurante au sujet des prélèvements dans le Tabeillon: «Aucune concession n’est octroyée, il n’existe aucun risque d’atteinte aux cours d’eau.»
Planning, organigrammes, courbes, diagrammes 3D, se succèdent à l’écran, et ça devient un tantinet technique. Mais cela n’empêche pas les questions de fuser à la fin de la première partie, une heure après. «Pourquoi les citoyens n’ont-ils pas le droit d’être consultés sur le projet?» lance un participant, vivement applaudi par une partie de la salle.
«Bien sûr, certains opposants étaient là, et c’est bien normal, nous livre le président Pascal Mahon à l’issue de la séance. Ce que nous souhaitons, c’est créer un espace où l’on puisse débattre de ce projet de manière dépassionnée.» Il est vrai que les exposés sur les techniques de forage et les risques sismiques, présentés par des experts extérieurs au projet, étaient très éclairants sur ce qui se passe vraiment quand on creuse la terre.
La séance a commencé à 19 h, elle devait se terminer à 21 h 30. Elle aura finalement duré une heure de plus. Et se sera aussi achevée sous les applaudissements.
Le Quotidien Jurassien – Thomas Le Meur
© Cet article est reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.
