
La ministre Barthoulot procède au licenciement d’un policier sans autre forme de procès. Lorsqu’une autorité agit sans respecter les processus participatifs cela s’apparente à un abus de pouvoir. La situation devient encore plus préoccupante lorsque la presse révèle l’existence de faux rapports de collègues, rédigés sous la pression de certains supérieurs.
Le ministre Courtet, accusé d’être trop rigide, fait l’objet d’un audit demandé par ses collègues, mené par une commission indépendante. Pourtant, il n’a pas été suspendu ni sanctionné à titre conservatoire. On lui accorde le bénéfice du doute, même si, comme le dit l’adage, il n’y a pas de fumée sans feu.
Le ministre Eray, en lien avec le dossier de la géothermie, parraine un projet hautement sensible, lancé sans consultation populaire, dont le contrat est difficilement révocable sans risquer des millions en dédommagements. Il s’agit là d’un manquement grave, sinon d’une trahison à l’égard des citoyens jurassiens qui l’ont élu.
Le Gouvernement mandate, sous l’égide de la ministre Beuret-Siess, des experts pour redresser les finances cantonales. Une telle démarche interroge: si le but est simplement de justifier, a posteriori, des décisions déjà arrêtées, cela s’apparente moins à une volonté de transparence qu’à une tentative de se couvrir. Une stratégie qui frôle la mesquinerie.
Le départ de l’ex-ministre Gerber ressemble à celui d’un marin quittant le navire, laissant derrière lui un vide qui nuit à la cohésion gouvernementale.
Quand il n’y a ni coordination ni volonté de travailler ensemble, la «collégialité» devient un simple prétexte pour fuir les responsabilités individuelles. Alors, où allons-nous? Platon disait que la démocratie était potentiellement brutale et instable et conduisait à la tyrannie. Nous y courons, et plus vite que prévu!
Diego Papamarenghi, Courgenay
© Cet article est reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.
