
Les 4000 mètres de profondeur du premier puits du projet de géothermie profonde de Haute-Sorne seront vraisemblablement atteints ce week-end. Tout est allé plus vite que prévu.
Ça y est. Le forage de géothermie profonde de Haute-Sorne arrive à la profondeur visée: 4000 m, là où règne une température de l’ordre de 120 degrés capable de chauffer de l’eau. Cette marque pourrait être atteinte aujourd’hui ou demain, prévoit Olivier Zingg, le chef de projet chez Geo-Energie Suisse. On en était à 3934 m jeudi, selon le suivi diffusé sur le site internet de Geo-Energie Jura.
L’opération avait officiellement débuté le 21 mai dernier; il aura donc fallu à peine deux mois pour descendre jusqu’à 4000 m. Un rythme plus élevé que ce qui était prévu.
Choix bien sentis
Olivier Zingg l’explique pour deux raisons. La première concerne le socle cristallin, la couche constituée de roches très dur donc difficile à percer. Il se trouvait légèrement plus profond que les estimations les moins favorables (1800 m), ce qui réduisait d’autant le chemin à parcourir dans cette couche pour parvenir jusqu’à 4000 m.
Deuxièmement, le choix de l’outil de forage par rapport à la roche et des paramètres appropriés ont pu améliorer les performances. «Nous avons beaucoup appris des forages réalisés aux États-Unis, notamment celui de l’Utah, qui a traversé passablement de roches cristallines.»
Parvenir à 4000 m aura nécessité l’usage de plus d’une dizaine de têtes de forage. Une pour la première section (0 – 500 m), une pour la deuxième (500 – 1800 m) et le reste pour percer le socle cristallin. Les dernières étaient aussi les plus chères (120 000 fr. la pièce) car composées de diamant, l’un des matériaux les plus abrasifs. «Changer régulièrement nous permettait d’aller plus vite. Au final, cela ne nous a pas forcément coûté plus cher, vu le très coûteux prix de location de l’installation de forage. Chaque jour supplémentaire se compte», détaille Olivier Zingg.
Pas terminé pour autant
La réalisation du forage ne signifie toutefois pas l’arrêt immédiat des travaux. Une carotte d’une dizaine de mètres sera prélevée et prendra la direction du laboratoire. Des mesures seront également effectuées dans la dernière partie du puits, comme cela a été fait pour les deux précédentes. On procédera au tubage et à la cimentation de la dernière partie forée, on installera la tête de puits et on s’assurera de l’étanchéité du tout. «Cela représente une bonne quinzaine de jours de travaux. On pourra ensuite démanteler l’installation.» Jusque-là, le chantier sera encore actif 24 h sur 24 h. Ce qui signifie, pour les voisins incommodés par le bruit, qu’il faudra encore tenir deux grosses semaines.
Puis, ce sera les méninges, plus silencieuses qui fonctionneront, avec tout un travail d’analyse de données, avant la prochaine grande étape qui aura lieu au début de l’année prochaine: les tests de stimulation hydraulique. Ils ne nécessiteront qu’une grue et des pompes.
Le projet comprend du reste un deuxième puits similaire qui ne pourra être creusé qu’après un feu vert du Gouvernement jurassien.
Le Quotidien Jurassien – Antoine Membrez
© Cet article est reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.
