
À la lecture d’un titre en page 5 du QJ ce samedi, Gouvernement: «Pas digne d’un État de droit», j’ai pensé qu’ils passaient enfin aux aveux! Ah ben non. Les guillemets font toute la différence. Il faudra encore attendre que ça tremble assez ou qu’ils ne trouvent pas au fond du trou ce qu’ils étaient venus y chercher?
Mais, bien que l’usage de la force ne soit a priori pas du côté des opposants, «force est de constater» (comme ils disent) que la violence, telle que mentionnée dans la partie oratoire de la manifestation, n’est pas devant les barrières qui entourent le chantier de la honte, mais bien produite à l’intérieur.
La violence, elle est dans le bruit infernal de la machine. La violence, elle est auditive, visuelle, sensorielle, quotidienne, amplifiée par la nuit, sans aucun respect pour les habitants des fermes de la Croisée et du Lémont, ni pour les habitants de Berlincourt. La violence, elle est faite à la terre et à son sous-sol, et en cela on peut comprendre la colère des agriculteurs qui craignent pour leur bien le plus précieux. La violence, elle provient de l’emploi inconsidéré de l’eau de nos sources qui est envisagé pour le «fleuve» du Tabeillon. La violence, elle provient de l’imposition inconditionnelle de ce projet au peuple jurassien qui n’a jamais eu son mot à dire. La violence est ici synonyme de déni de démocratie. La violence est représentée par l’image «ramboesque» de nos grenadiers mobilisés contre leurs concitoyens. La violence, elle est imposée aux riverains de la petite route par le trafic journalier de la multitude et de la grandeur des camions qui alimentent le chantier.
En paraphrasant Gandi: «Nous nous opposons à ces violences parce que lorsqu’elles semblent produire le bien, le bien qui en résulte n’est que transitoire, tandis que le mal produit est permanent.»
Pierre-Alain Vuille, Bassecourt
© Cet article est reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.
