
RETOUR SUR 2025 (10/14)
L’année 2025 sur le chantier de géothermie profonde à Glovelier a été marquée par les tests de stimulation. Destinés à évaluer la perméabilité de la roche, ceux-ci ont livré des résultats «très encourageants».
On n’a peut-être jamais joué aussi gros que cet été sur le site de géothermie profonde de Glovelier. Les opérations consistaient ni plus ni moins à tester en petit ce qui doit être reproduit en plus grand en cas de poursuite du projet.
C’est-à-dire injecter de l’eau à très haute pression à 4000 m de profondeur afin, dans un premier temps, de créer des microfissures par cisaillement – on parle de moins d’un millimètre d’épaisseur – et de faire circuler le liquide entre deux puits par ces interstices dans le but de le réchauffer.
«Très encourageants»
Avec le recul, Olivier Zingg qualifie de «très encourageants» les résultats obtenus. «Nous avons observé une réponse sismique moins forte que celle qui figurait dans nos modèles de risque élaborés il y a dix ans, et qui se basaient pourtant sur des données très conservatrices, tirées du projet de Bâle où la réaction avait été très forte», développe le directeur de Geo Energie Jura.
Seule ombre au tableau: le retard pris sur le calendrier. Alors que ces tests devaient débuter en mars, les équipes de scientifiques ont dû attendre jusqu’à mi-juillet, faute d’avoir pu fournir à temps tous les documents qu’exigeait le canton pour délivrer son autorisation.
Un retard qui se retrouve aujourd’hui dans l’avancement de la mise à jour de l’étude de risque. Un dossier à très haute valeur que le promoteur devra également livrer au canton. C’est sur lui que le Gouvernement se basera pour décider de la poursuite ou non du projet.
«Ce travail devrait nous occuper une bonne partie du premier trimestre, estime Olivier Zingg. Si on avait pu tout boucler avant la fin de l’année, cela aurait été super. Mais ce retard n’est absolument pas dramatique. On reste dans un projet pilote.»
Difficile à dire précisément quand la décision des autorités interviendra. Néanmoins, à l’heure actuelle, on peine à voir comment elles pourraient exiger l’arrêt du projet. «Tous les signaux sont au vert pour l’instant, mais il s’agit de ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.»
Opposants discrets
L’autre fait marquant de cette année est plutôt un non-événement. Celui de l’absence des opposants, alors que ceux-ci s’étaient montrés particulièrement virulents lors du forage en 2024.
Olivier Zingg veut y voir le signe que la transparence maximale qu’il s’impose porte ses fruits: «Jusqu’ici, on a fait exactement ce qu’on avait dit et prévu; peut-être que la population l’a remarqué. Il n’y a pas eu non plus d’événement négatif. C’est enfin aussi peut-être que le dispositif était beaucoup moins impressionnant que pour le forage.»
L’année à venir sera marquée par la question de l’approvisionnement en eau du projet. Le promoteur travaillera à obtenir une concession en milieu naturel, son premier choix étant le Tabeillon.
Le Quotidien Jurassien – Antoine Membrez
© Cet article est reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.
