
Je suis interpellée par les réactions excessives des promoteurs à l’encontre des opposants du projet de géothermie profonde. Ces citoyens en colère s’engagent pour leur région, ils ont ce courage dont on a été si fier dans le Jura sous d’autres colonisations. J’ai pu observer jeudi soir le chantier du site de Glovelier. J’ai été sidérée par ce que j’ai vu et entendu à deux pas des habitations: une véritable discothèque à ciel ouvert! Il était près de 22 h, un éclairage indécent illuminait le terrain jusque haut dans le ciel. Les électriciens sont souvent leurs meilleurs clients. Le bruit aussi était infernal, du genre chaînes métalliques en mouvement et rassemblement de frigidaires déglingués. J’ai bien reconnu les méthodes et les résultats des vendeurs/producteurs d’électricité, comme pour les éoliennes, le mépris des riverains est au rendez-vous. Des milliers de Jurassiens ont dit non à ce projet, des députés les ont soutenus devant le Parlement, un ministre a dit les avoir entendus. Puis le rideau est tombé et dans les coulisses les promoteurs ont repris la main. Qui ne respecte pas l’État de droit? Qui est coupable de débordements regrettables et déplorables? De mon point de vue, face à ce dramatique spectacle nocturne, ce sont clairement ceux qui développent et soutiennent de tels projets. Quand on ne veut pas reconnaître l’impact que l’on fait subir à ceux que l’on colonise, on ne doit pas s’attendre à recevoir des lauriers, le purin n’a fait que retourner à sa source. Le Jura déroule le tapis rouge à des promoteurs qui mettent en danger la richesse de sa nature et le bien-être de sa population. Dire oui à la loi sur l’électricité le 9 juin serait un passe-droit pour ce type de passage en force, y compris pour le nucléaire.
Pascale Hoffmeyer, Saint-Brais
© Cet article est reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.
