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Recueil d'articles, vidéos et liens sur le projet expérimental de Géothermie Profonde Pétrothermale en Haute-Sorne (CH)

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«Les signaux d’alerte sont déjà là»

23 janvier 2026
Jack Aubry, président de CRJ
Citoyens Responsables Jura

« Si le sous-sol réagit déjà à une phase de tests largement inférieure à l’échelle industrielle prévue, ce n’est pas anodin. Dire “ce n’est pas grave pour l’instant ” n’a jamais été une garantie pour demain. »

M. Aubry, vous affirmez que les tests réalisés ne sont pas représentatifs du projet final. Pourquoi est-ce préoccupant ?

Parce que les tests présentés par les promoteurs comme rassurants sont très largement en dessous de l’échelle industrielle prévue. Malgré cela, des micro-séismes ont déjà été enregistrés. Or, dans la géothermie profonde, il est établi que la sismicité peut augmenter avec le temps, la pression et les volumes injectés. Si le sous-sol réagit déjà à ce stade, ce n’est pas anodin.

Certains estiment pourtant que ces séismes sont faibles et sans danger.

Tous les projets aujourd’hui abandonnés ont commencé par des séismes qualifiés de faibles. À Pohang aussi, les premiers événements ont été jugés insignifiants. Le problème, c’est que la géothermie profonde peut déclencher des processus impossibles à maîtriser une fois enclenchés. Dire « ce n’est pas grave pour l’instant » n’est jamais une garantie pour demain.

Les tests ont été arrêtés avant leur terme initialement annoncé. Comment l’interprétez-vous ?

Arrêter des tests prématurément en affirmant que tout s’est déroulé comme prévu relève au minimum d’une communication opportuniste. On peut légitimement se demander si une montée de la sismicité n’aurait pas fragilisé le discours public. Ce n’est pas une accusation, mais une exigence de transparence envers la population.

Vous évoquez souvent les précédents en Europe et ailleurs. Pourquoi sont-ils si importants ?

Parce qu’ils montrent tous le même schéma. Avant les problèmes, on entend toujours le même discours : technologie maîtrisée, risques faibles, site favorable. Et pourtant, des séismes imprévisibles et parfois irréversibles surviennent. Ces précédents constituent un retour d’expérience que l’on ne peut pas ignorer.

Vous insistez particulièrement sur le cas de Pohang, en Corée du Sud. Pourquoi ?

Parce que Pohang est un cas emblématique et incontestable. Un séisme de magnitude 5,4 y a été officiellement reconnu comme induit par un projet de géothermie profonde, environ deux ans après les premières injections. Des quartiers entiers ont été endommagés, des milliers de personnes déplacées, des blessés et le projet a été définitivement abandonné.

Mais il y a un élément trop souvent passé sous silence : des acteurs suisses étaient impliqués dans ce projet, notamment Geo-Energie Suisse SA et le Service sismologique suisse, via des programmes de recherche européens comme DESTRESS. Aujourd’hui, ce sont ces mêmes acteurs qui interviennent à Haute-Sorne et qui sont présentés comme garants de la sécurité. Ce n’est pas une accusation, c’est un fait documenté.

Il faut aussi rappeler que, selon les chiffres officiels, le projet jurassien
est annoncé comme environ 30 fois plus important que celui de Pohang, tout en reposant sur la même technique pétrothermale défaillante !

Vous alertez également sur les risques pour l’économie locale.

La zone concernée accueille des industries de très haute précision, notamment dans la ZAM 2, où l’on travaille au micron près. Pour ces entreprises, la stabilité du sous-sol, l’absence de vibrations sont vitales. Or, les impacts potentiels de la géothermie profonde sur ces éléments sont systématiquement minimisés. C’est complètement irresponsable.

Vous critiquez aussi l’indépendance du GEI, le Groupe d’experts indépendants. Sur quoi vous basez-vous ?

Nous ne remettons pas en cause les compétences individuelles, mais le dispositif. Lorsqu’un groupe est financé par le promoteur, que plusieurs membres sont liés à la filière géothermique et qu’aucune voix critique réellement indépendante n’est intégrée, l’indépendance affichée devient discutable, cela crée un entre-soi technique, renforcé par un manque de transparence sur les contrats et les critères de sélection ainsi que d’autres informations cruciales !

La question de l’argent public revient souvent dans le débat.

Oui, parce qu’on parle d’environ 150 millions de francs, dont 90 millions financés par la Confédération, donc par nos impôts. Il s’agit d’une expérimentation très coûteuse, dont absolument rien, au contraire, ne prouve la viabilité à long terme, et qui n’apportera aucune énergie concrète à la population locale. Je le répète, il ne s’agit que d’une expérimentation dont personne ne veut ailleurs !

Que demandez-vous aujourd’hui au Gouvernement jurassien ?

Il doit expliquer en quoi la situation de Glovelier serait différente de Vendenheim, Bâle, Landau, St-Gall ou Pohang, alors que partout les mêmes assurances ont été données sans empêcher les séismes. Il doit également expliquer pourquoi il met en péril des activités industrielles sensibles avec un projet aussi risqué et uniquement expérimental. En cas de dommages aux bâtiments, de perte de valeur immobilière, d’impact sur les infrastructures sensibles ou sur la ressource en eau, quelle responsabilité l’État jurassien est-il prêt à assumer ? La population veut savoir qui paiera les pots cassés, car, en l’état, ce sont toujours les citoyens qui finissent par assumer.

Votre message final ?

La population n’est pas naïve. Après tant de précédents, continuer comme si de rien n’était serait irresponsable. Nous ne sommes pas opposés par principe, mais par expérience et par responsabilité. Le Jura mérite un véritable débat démocratique et des choix énergétiques qui ne transforment pas la région en laboratoire à haut risque.

La transition énergétique ne peut se faire qu’avec des projets maîtrisés, sûrs et construits en lien étroit avec les élus locaux et les habitants.

Interview publié dans le Quotidien Jurassien du 23 janvier 2026

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