
Lundi soir (1er juin) se tenait une séance d’information consacrée à la nouvelle étape tendant à accorder à Geo Energie une concession d’utilisation des eaux du Tabeillon.
Quel crédit peut-on raisonnablement accorder à une société qui ne cesse de balader la population avec l’aval du Gouvernement? En 2016, ce dernier estimait à 700 m3 par heure (c’est-à-dire à 194 l/s) le débit du Tabeillon (voir Journal des débats, 2016, n ̊ 14, page 535) et ceci bien évidemment sans aucune étude. Dix ans après, ce même débit est passé d’un coup de baguette magique de 194 l/s à 27 l/s. En d’autres termes, sept fois moins qu’en 2016, expression d’un total manque de sérieux. Rappelons aussi que Geo Energie indiquait dans son étude d’impact que les premières études multicritères avaient été mises en œuvre en 2012, c’est-à-dire il y a 14 ans. Or, conformément à la Loi fédérale sur les eaux (art. 4, lit h) le débit d’un cours d’eau doit être calculé sur une période de dix ans. Geo Energie disposait par voie de conséquence depuis 2012 de tout le temps nécessaire pour effectuer des relevés. Rien n’a été entrepris, strictement rien. Geo Energie est, aujourd’hui et une fois de plus, incapable de fournir la moindre étude tendant à établir le débit du Tabeillon. Pire: on extrapole le débit actuel du Tabeillon avec ceux de l’Allaine à Alle et de la Chalière à Moutier (oui vous avez bien lu). Pourquoi pas avec le débit du Nil pendant que l’on y est?
La mascarade perdure, doublée du mépris de l’État. Écoutez l’intervention de son représentant sur RFJ le 1erjuin dernier: «il n’est pas donné au commun des mortels de comprendre les notions de débit résiduel, de débit d’étiage etc…». Parfois, l’art de la conversation consiste à se taire, comme disent les anglais.
Philippe Liechti, Courgenay
© Cet article est reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.
