
BASSECOURT Que la soirée fut longue, hier, pour les deux scientifiques de l’Office cantonal de l’environnement venus présenter la demande de concession du promoteur du projet de géothermie sur le Tabeillon.
Devant une aula de l’école primaire de Bassecourt pleine comme un œuf, soit plus d’une centaine de personnes, ils ont peiné à parvenir au bout de leur programme, assaillis d’un flot de questions. Plusieurs fois, ils ont par exemple dû assurer qu’ils ne subissaient aucune pression de la part de quiconque.
La soirée fut aussi tendue et le moindre chiffre avancé au sujet du débit du cours d’eau fut âprement discuté. Certains ont remis en question la source de ces statistiques, à savoir le bureau d’ingénieurs mandaté par Geo Énergie, le promoteur. «N’avez-vous pas l’impression qu’ils sont juges et parties?», a-t-on entendu. «En cas de recours, c’est la justice qui tranchera. Un bureau indépendant pourrait aussi être mandaté pour les confirmer», a répondu Quentin Theiler. «Mais cette étude nous a paru suffisamment robuste, avec divers modes de mesure.»
Absence «honteuse»
Dans un moment assez lunaire, l’assemblée s’est par ailleurs spontanément livrée à un vote à main levée pour déplorer l’absence de la commune. «Honteux pour une question si importante.»
Alors qu’il apparaît certain que le projet de géothermie devra trouver une source secondaire pour pallier un éventuel débit insuffisant du Tabeillon, et que cette dernière pourrait bien être le réseau communal, la pression semble de plus en plus se déplacer sur l’exécutif de Haute-Sorne. «Un jour ou l’autre, nous devrons ouvrir le robinet.»
Le Quotidien Jurassien – AME
© Cet article est reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.
