
De multiples tremblements de terre, fortement ressentis par la population et causant des dommages pour 10 millions de francs suisses, provoqués par le projet de géothermie profonde pétrothermale en 2006 à Bâle, avaient poussé le gouvernement à poser 11 questions aux experts. Première question: est-ce qu’on a injecté l’eau en profondeur à des
pressions ou à des débits exagérés? À Pohang et à Vendenheim par exemple, on avait conclu, entre autres, avoir surpassé la pression autorisée. Deuxième question: est-ce que des changements techniques au fracking seraient indiqués? Le Dr Reinhard Jung a proposé le protocole multifissures que Geoenergie Suisse a maintenant adopté (copié?). Ce protocole propose de multiplier les fissures et donc le volume d’eau injecté. On augmente de 12 000 m3 d’eau à 400 000 m3 d’eau. Pour l’ETH Zürich, le Dr Keith Evans a répondu qu’il ne pense pas que le projet multifissures allait diminuer le risque de sismicité induite à Bâle. Car on a observé aux États-Unis que de grandes quantités d’eau (déchets de l’extraction gaz de souche) qui ont été réinjectées en profondeur (pour s’en débarrasser sans la dépolluer) ont fini par provoquer de grands séismes, mais à distance et après plusieurs années.
L’observation que de grands volumes d’eau injectés en profondeur provoquent des tremblements de terre est largement reconnue par des spécialistes dans le monde entier. Pourquoi alors «nos experts», le Service sismologique suisse et surtout notre Gouvernement jurassien l’ignorent-ils encore toujours? Ou dans tous les cas n’en discutent pas, et n’en tiendraient pas compte? Car on ne peut plus retirer l’eau du sous-sol une fois qu’elle a migré ailleurs.
Andréa Remondino, Bassecourt
© Cet article est reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.
