
HAUTE-SORNE La réponse de Citoyens Responsables Jura (CRJ) au message du Gouvernement (voir notre édition d’hier) ne s’est pas fait attendre: l’association des opposants au projet de géothermie profonde à Glovelier n’en est pas du tout satisfaite. Déjà parce que «la Commission de suivi et d’information (CSI) – organisme financé et dirigé par les promoteurs – s’est indûment approprié nos questions, sans notre consentement, pour les transmettre au Gouvernement en notre nom», s’indignent-ils.
Les contre-arguments
Selon CRJ, le document vise à rassurer et justifier, plutôt qu’à informer de manière complète et contradictoire. La réalité géologique serait minimisée avec un projet qui s’éloigne des failles majeures du sous-sol. Or trois grandes zones de fractures entourent le projet de Haute-Sorne: La Caquerelle, Develier et Vicques.
Par ailleurs, le socle cristallin visé par le forage n’est pas une garantie de sécurité. CRJ convoque les précédents de Bâle, Pohang, Vendenheim, Landau et Saint-Gall pour prouver que ces projets touchant le socle cristallin ont entraîné une sismicité induite significative, parfois différée dans le temps.
«La comparaison avec l’Utah est une absurdité flagrante», relève encore CRJ, qui souligne que dans ce désert américain, les enjeux humains et économiques sont inexistants, contrairement à Haute-Sorne.
Enfin, CRJ dénonce le flou autour de l’assurance de 100 millions de francs, qui selon leurs informations ne couvrirait que cinq ans après l’arrêt des travaux. «Si des effets apparaissent dans dix ans, alors qu’il n’y a plus d’assurance, qui assumera? Il ne faudra pas compter sur le Gouvernement. La population se retrouvera bien seule.»
Le Quotidien Jurassien – TLM
© Cet article est reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.
