
HAUTE-SORNE Coup de théâtre lors de la séance du législatif d’hier soir! Les conseillers généraux ont refusé par 20 voix contre 8 et 4 abstentions l’entrée en matière sur ce qui devait constituer le point principal de l’ordre du jour, déjà pas bien copieux: le préavis d’un crédit de 5,8 millions de francs pour la réalisation de plusieurs mesures sur le réseau d’eau potable de la commune, liées au Plan général d’alimentation en eau (PGA), dont certaines doivent permettre l’interconnexion avec le district de Porrentruy. Il est, entre autres, prévu de construire un nouveau réservoir sur le pâturage du Droit à Glovelier ou un autre aux Ravières à Undervelier. Le souverain devait avoir le dernier mot sur ce crédit dans les urnes le 24 novembre.
«Le groupe du Centre propose de renvoyer cet objet au Conseil communal en raison des impacts financiers importants de ce crédit sur les investissements communaux futurs, qui devront être limités. Le Centre salut la volonté des autorités de développer nos infrastructures. Cependant, valider un crédit qui va lier la commune pour les dix prochaines années nous semble cavalier. Les projets esquissés doivent être répartis entre plusieurs messages», a indiqué le centriste Gérald Steiner qui a donné le la de cette non entrée en matière.
Une commission qui n’arrive pas à siéger
L’autre hic est que la commission des finances, faute d’avoir pu atteindre le quorum nécessaire lors de ses trois dernières séances, n’a pas pu donner son avis sur cette dépense. «Certes cette commission ne s’est pas prononcée, mais il ne faut pas penser que le Conseil communal va pouvoir fractionner ce crédit, sachant qu’une convention a été signée avec le Syndicat intercommunal de Porrentruy», a déclaré Jean-Pierre Chenal (PS+Les Verts). Pour Patrick Müller (Haute-Sorne Avenir), repousser ce message est une erreur. «Ce n’est pas la responsabilité de l’exécutif si la commission des finances n’a pas réussi à atteindre le quorum», a-t-il relevé, soulignant que cet ajournement aurait une incidence financière négative pour la commune.
Michel Lando (UDC) a soulevé le problème de l’absentéisme dans les commissions permanentes à l’heure des questions orales. Il a cité l’exemple d’un membre d’une commission d’importance cantonal absent de presque toutes les séances sans fournir d’excuse valable. Il a aussi évoqué le cas de la commission des finances. «L’une des séances annulées aurait dû préparer une rencontre avec le Conseil communal au sujet du budget 2025», a développé l’élu agrarien. Rappelant que la loi sur les communes punit ces comportements, il a voulu connaître les démarches entreprises par la commune pour lutter contre ces absences.
Pour le maire Eric Dobler, la majorité des sanctions prévues dans la loi sont inapplicables. «Si je dis à un élu fautif d’absentéisme que je le suspends ou révoque, ça va dans le sens de son comportement», a-t-il pointé. Face à ce constat, il préfère encore opter pour la mesure la moins radicale. Il appelle tout simplement les commissaires «à prendre leur responsabilité et à honorer leur mandat».
Le Quotidien Jurassien – HD
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