
C’est sous ce titre que Geo-Energie a publié une page publicitaire dans Le Quotidien Jurassien du 8 septembre 2023. Il est mentionné qu’une assurance responsabilité civile d’une valeur de 100 millions de francs a été souscrite. C’est un miroir aux alouettes. Les éventuels dommages seront indemnisés en fonction de la valeur vénale du bien. Ces informations figurent dans le procès-verbal du 14 mars 2023 de la commission de suivi et d’information (CSI). La durée d’amortissement d’un crépi ou d’un carrelage se situe entre 20 et 30 ans selon les tabelles citées comme référence.
L’assurance immobilière du Jura rembourse les dommages à la valeur à neuf, selon son site internet: «Couverture complète de tous les bâtiments, en principe à la valeur à neuf. Ceci évite la sous-assurance, permet de reconstruire aux coûts du jour, contribue à préserver la valeur du patrimoine bâti et garantit la dette hypothécaire.» L’assurance souscrite par Geo-Energie ne remplit pas cette condition. Les connaissances scientifiques actuelles ne permettent pas de prédire les séismes ni les interactions à une profondeur de 5000 mètres. Les promoteurs eux-mêmes reconnaissent les incertitudes de ce projet en souscrivant une assurance. En cas de dommages importants, ni l’assurance immobilière ni les assurances privées contre les tremblements de terre ne couvriront les dégâts. Il ne s’agit en effet pas d’un phénomène naturel. Dans le pire des scénarios, avec un bâtiment de plus de 30 ans, les pertes ne seront pas indemnisées par les assurances. Encore plus grave, la valeur du patrimoine diminuera et, en plus des frais de réparation, il faudra rembourser une partie des hypothèques. Cette situation pourrait entraîner des difficultés financières insurmontables pour de nombreux citoyens. À ma connaissance, aucune aide n’est prévue pour un tel scénario qui n’est pas totalement exclu. Comme gouverner c’est prévoir, j’ai écrit au ministre David Eray le 26 juin 2023 pour exposer ce problème et demander quelles mesures étaient envisagées si un cas majeur devait se produire. À ce jour, je n’ai ni accusé de réception, ni réponse.
Éric Amez-Droz, Bassecourt
© Cet article est reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.
