
La Fondation rurale interjurassienne (FRI) lance un programme pour adapter les pratiques face au changement climatique avéré. Un signal fort pour une initiative nécessaire, selon Martine Rebetez, climatologue à l’institut fédéral WSL et à l’Université de Neuchâtel. Nous avons lu dernièrement dans le QJ: «Le cycle de l’eau s’intensifie, les épisodes de précipitations deviennent plus intenses et les périodes de sécheresses plus marquées. Le Jura est particulièrement vulnérable en raison de sa géologie karstique: l’eau s’infiltre rapidement dans le sol, ce qui rend son stockage en surface difficile. Les observations actuelles montrent que cela va s’intensifier dans les années à venir. Il faudra donc privilégier des cultures adaptées. L’eau est une ressource encore plus fondamentale que la nourriture et sa qualité est essentielle. S’adapter en évitant la pollution des eaux constituera un enjeu majeur». Dès lors, comment peut-on en même temps soutenir le projet plus qu’hypothétique de géothermie profonde en Haute-Sorne, qui va consommer une quantité d’eau trente fois supérieure à ce qui a été utilisé à Bâle ou Pohang, avec un risque de pollution vu la nature de notre sol?
Les différentes interventions et avertissements des opposants au projet concernant la prise d’eau du Tabeillon ou du réseau communal devraient trouver un écho et un relais auprès de nos autorités, parce qu’à un moment donné, il faudra bien choisir: soutenir nos agriculteurs et leur travail nécessaire pour notre terre, ou poursuivre ce projet insensé que nous dénonçons depuis plus de 10 ans. Une demande de concession pour le Tabeillon étant demandée par Geo Energie Jura, il est temps de prendre des décisions responsables.
Mon choix est fait.
Alain Jeangros, Boécourt, membre de Citoyens Responsables Jura
© Cet article est reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.
