
Les résidents d’un quartier au sud des voies CFF à Bassecourt ont connu un début de nuit agité mercredi. Peu après 23 h, ils ont été dérangés par des bruits d’explosion. «Il y avait comme un incendie au milieu de la route!» raconte un habitant. Alors que ce feu a duré de longues minutes et dégagé une épaisse fumée, ce témoin a ensuite découvert que le feu avait touché un tas d’appareils électroniques. «Ma première réaction a été de penser qu’on avait mis le feu à une boîte de feux d’artifice», confie l’homme qui a appelé la voirie communale le lendemain matin.
Il s’agissait au contraire de plusieurs géophones utilisés en ce moment dans le cadre de la campagne de mesures géophysiques réalisée dans la vallée de Delémont pour le projet de géothermie profonde. Pour rappel, ces instruments disposés en surface visent à capter les vibrations, émises par les camions vibreurs, puis renvoyées par la roche, afin de mieux connaître la structure du sous-sol.
«Nous avons constaté mercredi soir qu’il nous manquait six géophones», relève Olivier Zingg, chef de projet pour Geo-Energie Suisse, dont l’équipe a récupéré jeudi matin à la voirie les appareils complètement calcinés après avoir été informée par la commune. Le responsable qualifie cet acte de «bête», notamment car ces appareils – qui coûtent plusieurs centaines de francs par pièce – contiennent des batteries au lithium, lesquelles présentent des risques d’explosion et sont particulièrement difficiles à éteindre en cas d’incendie.
Quelles conséquences cet acte a-t-il sur la suite du projet? Aucun, assure le promoteur. Les six géophones ont déjà été remplacés et la campagne de mesures géophysiques devrait encore se poursuivre quelques jours avant que toutes les données récoltées soient analysées par des géologues. Quant au premier forage, il est toujours envisagé dans un mois, mentionne Olivier Zingg.
Mandatée par Geo-Energie Suisse pour réaliser ces mesures et propriétaire des instruments, Geo2X a déposé plainte.
Le Quotidien Jurassien – BFL
© Cet article est reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.
