
vibrations, a expliqué son spécialiste Michael Guinchard hier soir à Bassecourt.
PHOTO YANN BÉGUELIN
GÉOTHERMIE La Commission de suivi et d’informations (CSI) sur le projet de géothermie avait convié hier soir à Bassecourt tous les acteurs de l’industrie de haute précision de Haute-Sorne à participer à sa huitième séance. Mais seuls deux représentants du groupe Richemont, à savoir des entreprises Cartier et Varinor, avaient fait le déplacement. «Je ne sais pas comment interpréter ce peu d’intérêt pour cette séance. Soit les craintes exprimées par certains industriels n’en sont pas vraiment. Soit il y a d’autres raisons que j’ignore», a commenté en préambule le professeur Pascal Mahon, président de cette commission qui se définit comme neutre et indépendante pour échanger et communiquer sur le projet.
Le cas du CERN sous la loupe
La CSI a mis l’accent durant cette séance sur une thématique souvent pointée par les opposants, à savoir les risques causés par la sismicité sur les instruments industriels de haute précision. Le cas du CERN et son fameux accélérateur de particules, lequel exige une précision extrêmement élevée, a notamment été pris en exemple. Présent hier soir à Bassecourt, le responsable du laboratoire de mesures mécaniques du CERN Michael Guinchard a expliqué que cette installation hors norme, à proximité de Genève, nécessitait des exigences et des précautions élevées en termes de vibrations et que l’accélérateur pouvait être mis à l’arrêt en cas de conditions trop instables. Ce spécialiste a souligné que ce sont surtout les différentes activités de génie civil à proximité qui pouvaient gêner. Mais, chiffres à l’appui, il a relevé que des séismes locaux de magnitude 2,5 n’engendraient pas d’effet sur l’accélérateur qui guide pourtant des particules minuscules à des vitesses très élevées.
Marge de sécurité
Pour le cas des entreprises de haute précision de Haute-Sorne, toute la question sera donc de savoir dans quelle mesure la sismicité causée par la géothermie profonde pourrait devenir un problème. Mais Olivier Zingg, chef de projet pour Geo-Energie Suisse, a voulu se montrer rassurant. Si une magnitude de 2,0 est perçue durant la phase de stimulation – la plus risquée, à l’horizon 2026 – les injections d’eau seront stoppées, a-t-il rappelé. «Un séisme de magnitude 2 est quelque chose de très banal», a-t-il insisté, relevant que de nombreuses mesures, telle qu’une stimulation par étapes, visent à réduire les risques.
Qu’en ont justement pensé les deux représentants de Cartier et Varinor? Ne souhaitant pas apparaître publiquement, tous deux se sont dits rassurés par les explications fournies, mais ont fait part de leur intérêt à avoir directement des capteurs dans leur entreprise. Une proposition qui a d’ailleurs été reçue favorablement par les promoteurs.
Séance publique début novembre
À l’issue de la séance, Pascal Mahon a admis que la participation était décevante. Or pour lui, c’est dommage, car le dialogue autour d’un tel projet est nécessaire. «Ce soir, des industriels et les promoteurs ont échangé. Nous avons déjà réussi cela», a-t-il observé. Le président de la CSI espère surtout qu’il y aura du monde lors de la prochaine séance de la commission qui sera entièrement ouverte au public. Celle-ci se déroulera le 9 novembre, de 19 h à 21 h 30, au Centre de culture et de sport de Courfaivre.
Le Quotidien Jurassien – BFL
© Cet article est reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.
