
géothermie profonde de Glovelier. ARCHIVES DANIÈLE LUDWIG
Après les poussières liées au traitement des mâchefers, c’est maintenant le stockage des boues de forage de la géothermie profonde dans la décharge du SEOD qui inquiète. Neuf habitants de Boécourt ont décidé de maintenir leur opposition au plan spécial Courte-Queue 2, soumis à l’assemblée communale le 18 décembre.
Les futures boues de forage du projet de géothermie profonde à Glovelier seront stockées à la décharge du Syndicat de gestion des déchets de Delémont et environs (SEOD) à Boécourt, comme le prévoit le plan spécial accepté en 2019. Personne ne s’en était inquiété à l’époque.
Cinq capteurs de poussières en plus
Réagissant à la présence en période sèche de nuages de poussières provoquée par le traitement des mâchefers provenant des stations d’incinération, une quinzaine d’habitants du village ont fait opposition au plan spécial Courte-Queue 2, ne traitant toutefois que la construction d’un centre de collecte des déchets.
En séance de conciliation, les responsables du SEOD sont entrés en matière pour poser cinq capteurs supplémentaires de poussières à Boécourt, Séprais et Montavon. Les données récoltées seront régulièrement mises en ligne sur le site internet de la commune.
C’est également dans ce cadre que plusieurs opposants ont fait part de leur crainte après avoir appris que les futures boues de forage de la géothermie profonde à Govelier seraient stockées à Boécourt.
Boues sous surveillance
«Nous allons procéder à des analyses supplémentaires, avant de mettre ces boues préalablement séchées en décharge, en complément des analyses déjà imposées aux promoteurs avant leur livraison», a expliqué Claude Gorrara, chef d’exploitation du SEOD, lors de la récente assemblée des délégués du syndicat, à Courroux.
Il a annoncé que deux oppositions ont été levées après la séance d’information ( LQJ du 17 novembre 2023) et quatre après la séance de conciliation. Neuf oppositions ont été maintenues par des habitants s’inquiétant des dangers liés aux poussières de mâchefers et aux produits chimiques contenus dans les boues des forages, en profondeur ou non.
«Pendant le forage, des additifs, tels que des sels, des minéraux denses, des gommes ou encore des lubrifiants sont ajoutés aux boues afin d’optimiser leur fluidité. Toute utilisation d’additifs devra être validée par l’Office de l’environnement», confirme la Commission de suivi de la géothermie profonde. Elle assure que «ces additifs sont pour la plupart sans classification ou tout au moins non dangereux pour l’environnement et la santé de la population».
Le Quotidien Jurassien – Thierry Bédat
© Cet article est reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.
