
GLOVELIER C’est toujours le calme plat sur le site de géothermie profonde, à Glovelier, alors que le début des tests de stimulation hydraulique était initialement prévu pour la fin avril. «Des échanges sont en cours entre Geo-Energie Suisse et le canton afin de satisfaire aux exigences fixées par les autorités cantonales», explique la porte-parole de l’État. Un immobilisme apparent qui commence à faire discuter de part et d’autre, chacun avançant ses propres explications diverses et variées.
Olivier Zingg, le chef de projet pour Geo-Energie Suisse relativise d’emblée la situation: «Vu la nature ‹pilote› du projet, c’est presque étonnant que nous n’ayons pas eu davantage de retard jusqu’ici.»
Car derrière chaque étape se cache un processus «relativement lourd» de validation, rappelle-t-il. «Ce n’est pas négatif, c’est simplement ce qu’a voulu le canton pour mettre un maximum de garde-fous», explique Olivier Zingg. Geo-Energie Suisse est ainsi tenu de fournir systématiquement les nombreux documents demandés par l’Office de l’environnement. «Lorsque cela est nécessaire, ces éléments sont soumis à vérification par des experts externes, notamment le groupe d’experts indépendants, ce qui peut engendrer un certain délai», détaille le canton. Et parmi tous ces observateurs, chacun a le pouvoir de demander des compléments d’informations au promoteur. C’est ce qui est actuellement en train de se produire et qui retarde le feu vert cantonal. À titre d’exemple, les autorités cantonales ont demandé des corrections dans les documents relatifs au protocole de fissures. Des imprécisions y ont été relevées.
Allers-retours de dossiers
Olivier Zingg cite trois dossiers pour illustrer la complexité de la procédure: 80 pages décrivant toute l’ingénierie du test, un autre document d’autant de pages sur la surveillance technique et encore un sur le concept de communication institutionnelle. «Chaque document fait plusieurs fois le trajet entre le canton et les experts, les nouvelles pièces fournies engendrant parfois de nouvelles questions, détaille le chef de projet. De notre côté, nous devons parfois relayer ces demandes à des prestataires externes, ce qui ajoute à la lenteur du processus.»
Le chef de projet se dit malgré tout confiant. «On a déjà bien avancé, on voit la lumière au bout du tunnel.» La reprise du chantier n’est toutefois pas à prévoir pour tout de suite. Au mieux, elle interviendrait dans un mois environ. «Une fois le feu vert donné, il s’agira de s’assurer que tous les prestataires mandatés puissent commencer les travaux.»
Le Quotidien Jurassien – AME
© Cet article est reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.
