
GÉOTHERMIE Le projet de géothermie ne bénéficiera d’aucun accès prioritaire à l’eau. La ressource pourra néanmoins être puisée dans le Tabeillon ou via le réseau, à condition que les volumes soient suffisants et hors période de pénurie. Alors que les besoins en eau du projet suscitent de vives interrogations depuis des mois face à la sécheresse persistante, le Gouvernement jurassien vient d’apporter de nouvelles précisions sur la gestion de cette ressource.
Des besoins durant deux périodes de six mois
En réponse à une question écrite de la députée Jelica Aubry-Janketic (PS), l’exécutif indique que le promoteur évalue les besoins totaux pour les phases de stimulation entre 100 000 m3 et 260 000 m3. Cela représente l’équivalent de 40 à 104 piscines olympiques. Le Gouvernement rappelle que ces volumes importants ne concerneront a priori que la phase de stimulation hydraulique, répartie sur deux périodes d’environ six mois. Les besoins pour la phase d’exploitation ne sont pas encore chiffrés, mais ils devraient être nettement inférieurs, le système devant fonctionner en circuit fermé dans le réservoir.
Le Gouvernement souligne en outre qu’il existe des garde-fous pour éviter toute utilisation problématique de la ressource. Le prélèvement d’eau dans un cours d’eau est ainsi soumis à une concession qui impose, par exemple, le respect d’un débit résiduel. Pour le Tabeillon, ce seuil a été fixé à 75 litres par seconde. «Si l’exploitant avait bénéficié d’une concession cette année, il n’aurait pas pu prélever la moindre goutte d’eau dès la fin avril», assure l’exécutif. En parallèle, la commune de Haute-Sorne pourra restreindre l’accès à l’eau du réseau en cas de pénurie.
Reste à savoir si le projet est réalisable face à ces contraintes? Tout laisse à penser que le promoteur devra miser sur la saison froide pour mener ses opérations de stimulation. Le Gouvernement estime qu’en dehors des périodes de sécheresse ou d’étiage, la ressource demeure disponible en quantité «suffisante». Selon ses calculs, le volume maximal requis par le projet aurait représenté environ 5,7% du volume total écoulé dans le Tabeillon sur un an (soit 4,6 millions de m3 entre septembre 2025 et septembre 2026). L’exécutif juge donc cette utilisation d’eau «envisageable», dès lors qu’elle ne compromet ni l’approvisionnement en eau potable, ni la préservation des milieux aquatiques.
Le Quotidien Jurassien, BFL
© Cet article est reproduit avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.
